A CHARLES L
Parce que quelquefois je suis seul au rivage, Errant au bord de l'onde, et rêveur et distrait, Ne va pas, mon ami, me croire un cœur sauvage, Un cœur blasé pour qui rien n'a le moindre attrait.
Fuyant sans bruit la foule et son vain babillage, Je vais m'entretenir avec le flot discret, M 'enivrer des senteurs qui flottent sur la plage. Et confier au vent qui passe un doux secret.
224 Les Feuilles dJ Erable
Et, quand j'ai là longtemps caressé mon beau rêve, Gravé des mots d'amour au sable de la grève.
Interrogé, d'un œil ardent, l'immensité.
Je reviens au logis où je reprends ma lyre, Où, Toreille tendue à la voix qui m'inspire. Je chante pour le Christ et pour la liberté.
A MADAME C. de L....
Fauvette qui soupire après la liberté, Qui des prés et des bois recherche le mystère, Vous avez fui la ville et son air empesté.
Et posé votre nid dans un lieu solitaire.
Sur un site coquet votre toit enchanté Brille, dans le lointain, d'une splendeur austère. Là, Tamour printanier, que nul souci n'altère. Mêle ses doux soupirs aux bruits de la gaîté.
226 Les Feuilles âJ Erable
Oui, vos possédez tout pour dorer votre vie ; Mais dans le logis rose, où le sort vous convie, Il vous manquait naguère une fleur, un rayon ;
Et, pour que l'avenir doublement se rappelle Votre esprit, votre cœur, votre ardente prunelle. Dieu vous donne, madame, un petit ange blond.