UN RAYON DE SOLEIL
De grands nuages gris montent de Thorizon ; Le soleil jette à peine un regard à la terre ; Les feuilles et les fleurs roulent sur le gazon Et le torrent gonflé gronde comme un tonnerre.
Adieu le soir serein ! adieu le matin clair ! Sous les bosquets ombreux adieu les folles courses ! Adieu les voix d'oiseaux qui se croisent dans Tair ! Adieu le gazouillis des buissons et des sources !
232 Les Feuilles âJ Erable
Plus de gais moissonneurs attroupés dans les blés I 1 lus d'amoureux rêveurs assis sous lesiionnelles ! Plus de concerts la nuit sur les flots étoiles ! Dans prés et les bois plus de parfums, plus d'ailes !
Mais parfois le soleil, déchirant les brouillards, Verse des lueurs d'or sur les flots et les chaumes ; Et l'on entend au loin les oiseaux babillards, On respire partout de sauvages arômes.
L'arbre semble bientôt se rhabiller de vert : Le vent folâtre joue avec ses rameaux souples ; Et dans le creux du val, de feuilles tout couvert, L'on croit voir par moments errer de joyeux couples.
Ainsi que la saison des fleurs et des amours Se sont évanouis mes rêves de jeunesse ; Un nuage a passé tout à coup sur mes jours, Pérobant un soleil qui me versait l'ivresse.
Un Rayon de Soleil 283
Cependant quelquefois à travers mon ciel noir Un reflet radidtix glisse à mon front morose. . . . Alors dans le passé lumineux je crois voir De mes bonheurs enfuis flotter Timaore rose.
Et puis devant mes yeux rayonne lavenir ; L'espérance renaît dans mon âme ravie ....
Et le rayon qui brille un instant sur ma vie, C'est celui que le cœur nomme le souvenir.