‹ Poésies canadiennesChapitre 9 sur 41 · SA FENÊTRE · texte numérisé non relu

SA FENÊTRE

L'autre soir, j'errais seul sous le balcon discret Où, pour ouïr des eaux la rumeur enivrante, Pour humer les senteurs de la brise odorante, Elle venait jadis pencher son front distrait.

Un doux bruissement d'ailes parfois courait Sous, le dais parfumé de la branche dormante ; Et j'épiais, croyant qu'une tête charmante Sur le bord du balcon bientôt apparaîtrait.

208 Les Feuilles d'Erable

Soudain je m'aperçus qu on ouvrait la fenêtre . A son port gracieux, je crus la reconnaître .... Mais, hélas ! ce n'était qu'un mirage moqueur ;

Et j'attendis en vain, au détour de l'allée .... Car depuis bien longtemps l'enfant s'en est allée, Emportant avec elle une part de mon cœur.

A L'HONORABLE P-J-0. CIIAUVEAU

Dès que Taurore glisse à travers la feuillée Les premières lueurs de son rayon lointain, Sur le bord de son nid, Philomèle, éveillée, Lance au ciel les éclats de son trille argentin.

Des fauvettes bientôt la troupe émerveillée Répond de tous côtés au prélude divin.

Et des pleurs de la nuit chaque branche mouillée Secoue une chanson aux brises du matin.

18 Les Feuilles dJ Erable

De même vous avez, poète à la voix mâle, Salué le premier l'aube encore bien pâle De l'art qui se levait clans votre ciel natal ;

Et, sitôt que vibra votre lyre enflammée, Un essaim de chanteurs, enivré d^idéal, Jeta mille refrains à la foule charmée.

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