‹ Poésies (volume 2)Chapitre 39 sur 73 · PROMPTES AMOURS · texte numérisé non relu

PROMPTES AMOURS

Tu n'as pas vu couler mes pleurs Et j'ai baisé tes veux sans larmes Où le regard dont tu nous charmes Ressemble au sourire des fleurs.

Allumés par la griserie D'une odeur ou d'un coin de chair, Comme deux papillons qu'en l'air Le hasard du vol apparie,

Xous avions à peine mêlé Les vifs battements de nos fièvre?

Que le désir loin de nos lèvres Sans retour s'était envolé !

Mais notre ivresse fut meilleure D'être brève. Heureux les amants Qui de ces fugaces moments Dans la vie auraient toute une heure î

Tu riais d'un beau rire fou Tandis que mes dents, chère proie !

Comme de l'or sur de la soie.

Mordaient les frisons de ton cou.

Et, grâce aux rapides mensonges

Des impatientes amours,

Nous pourrons ignorer toujours,

Toi, qu'un spleen très ancien me ronge,

Moi, qu'au fond de ton cœur dér-u

L'ennui de vivre te dévore.

0 prudente folie ! Encore

Un baiser, et nous Taurions su.

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