LASSITUDE
Comme un mort qui se dresse et se recouche après.. Quelquefois, sous tes yeux, j'ai des réveils encore ; Mais vois les sombres draps dont le seuil se décore : Ce n'est pas pour Thymen que l'on fit ces apprêts.
Tes cheveux m'étaient blonds jadis! tu m'empourprais Toute l'âme, cher front, comme un lever d'aurore; Maintenant, de ce front qui se penche et s'éplore, Ta chevelure verse une ombre de cyprès.
Viens donc, toi qui faiblis autant que je succombe. Nouons encor nos bras que la fatigue plombe Et mêlons le dernier souffle de nos poumons.
Là-bas, un oiseau vole... on aurait pu le suivre... — L'heure qui va sonner sait que nous nous aimons Assez pour en mourir, pas assez pour en vivre.
AVAXT LORAGE
Le long ennui des jours, le ralentissement De l'heure par l'amas des heures alourdie S'accroupissent sur ma Aolonté déroidie.
Barque sans gouvernail, boussole sans aimant.
Calme plat. La blancheur de midi, pesamment, Sous la chape de plomb de son morne incendie, Me tient, vaincu. Parfois une lame hardie Saut". <'r-nm<^, pt retomba ^n un même moment.
Quand donc crèverez-vous, nuages! ô nuées, Quand donc enfin, d'un souffle espéré remuées, Entreohoqiierez-Yous \oy^ flancs emplis d'éclairs.
Pour que la langueur làcbe et que la sourde rage De mon àme, avec vous, ù ciel bas gros d'orage, Éclate et se résolve en foudre dans les airs!