ORGUEIL
0 nature, longtemps tes aspects sérieux Désolèrent l'orgueil de mon àme oppressée Et j'avais sur l'essor vaincu de ma pensée Toute l'immensité pesante de tes cieux.
L'attention tenace a dessillé mes yeux,
Et j'ai vu que ton œuvre, en vain recommencée,
A ton inconscience inerte fut tracée
Par les lois du hasard ou le vouloir des Dieux.
Je me confronte à toi, — mon orgueil vaut tes aigles 1 Toi, la force insensible aux immuables règles. Moi, le chétif mortel aux vœux irrésolus.
0 domination du prêtre sur le temple !
Je t'admire, nature, et je ne te crains plus,
Car tu ne me vois pas, et moi, je te contemple.