‹ Poésies (volume 2)Chapitre 66 sur 73 · COQUETTERIE DE FANTOME · texte numérisé non relu

COQUETTERIE DE FANTOME

Vieilles heures, poussière, hélas ! des sabliers Brisés...

J'entends le pas des bonheurs oubliés.

Les trépassés charmants, les adorables mortes, Rêves, illusions, entre-bâillent les portes De jadis! Une amour, sournoise, avec langueur A soulevé la pierre obscure de mon cœur.

Salut, ma jeune amour, blonde ressuscitée!

Ah î coquette, la fleur à ton cercueil jetée,

Tu Tas mise dans tes cheveux ! et sur ton sein

Les trous du fin linceul s'ouvrent comme à dessein,

Mais elle, qui me voit au front plus d'une ride, Fait la moue, et prétend que le jour l'intimide, Jure qu'elle a sommeil encor, feint de bâiller, Et rentre en son tombeau pour ne plus s'éveiller.

Page 1