‹ Poésies (volume 3)Chapitre 20 sur 78 · UNE VOIX · texte numérisé non relu

UNE VOIX

Ce soir, quand j'eus commis cette action funeste Pour une femme indigne et que je n'aime pas, Sur le seuil désormais interdit à mes pas Une voix lamentable a pleuré ce mot : Reste !

Je suis parti, grinçant des dents, tordant mes bras. Frappant du poing ce cœur que la gangrène infeste, Et me suivant ainsi que Tisiphone Oreste, Presque éteinte : Reviens ! disait la voix tout bas.

Alors, chétif, j'ai bu des forces dans ma gourde! Livrant ma tête aux vents et mon âme au démon, Je me suis redressé malgré ma tête lourde.

Et quand j'eus dit enfin : Les dés sont jetés, non! Derrière, dans la nuit, la voix lointaine et sourde Me rappelait encore en soupirant mon nom.

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