VIDUITÉ
Je suis pareil à ce nid d'hirondelle
Qui resta vide au retour des hivers;
Sous les grands toits que la neige a couverts
Plus de baisers, de chants, ni de bruits d'aile.
Je suis pareil à cette citadelle Abandonnée après de longs revers, Murs dégradés, par la mitraille ouverts, Et que le temps à son tour démantèle.
Mais, le nid veuf, la brise le ravit; Le mur s'écroule enfin, la place forte Est un rocher que le passant gravit;
Moi seul j'attends un souffle qui m'emporte : Depuis longtemps déjà mon Ame est morte.
Et mon cadavre obstiné me survit!