‹ Poésies (volume 3)Chapitre 25 sur 78 · VIDUITÉ · texte numérisé non relu

VIDUITÉ

Je suis pareil à ce nid d'hirondelle

Qui resta vide au retour des hivers;

Sous les grands toits que la neige a couverts

Plus de baisers, de chants, ni de bruits d'aile.

Je suis pareil à cette citadelle Abandonnée après de longs revers, Murs dégradés, par la mitraille ouverts, Et que le temps à son tour démantèle.

Mais, le nid veuf, la brise le ravit; Le mur s'écroule enfin, la place forte Est un rocher que le passant gravit;

Moi seul j'attends un souffle qui m'emporte : Depuis longtemps déjà mon Ame est morte.

Et mon cadavre obstiné me survit!

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