‹ Poésies (volume 3)Chapitre 61 sur 78 · APRES LA FIN · texte numérisé non relu

APRES LA FIN

Triste d'aVoir vécu, lasse d'avoir gravi L'âpre cime d'où Toeil hébété d'épouvante Contemple le néant du rêve poursuivi ;

Mais sereine d'avoir en austère servante Fait sa tâche; attendant son salaire; espérant Que la tombe n'est point fourbe ni décevante ;

Quand elle eut laissé choir en un spasme mourant Son bras faible où l'essai d'un dernier geste avorte Et sa tôte avec l'air d'un blessé qui se rend;

Quand par sa bouche ouverte afin que Tâme sorte Le miroir ne fut plus d'aucun souffle terni ; Quand un cierge brûla, quand ce fut une morte :

L'œil de la morte, Toeil déjà cave et jauni Pleura. Je vis pleurer cet œil. Telle une épée. Horrible, suinte encore après le duel fini.

paupière par l'ombre éternelle occupée, Quelle angoisse pleurait ta larme? Nul n*a su Si c'était quelque ancienne espérance trompée.

Morte effrayante! ou ton suprême espoir déçu.

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