‹ Poésies (volume 3)Chapitre 9 sur 78 · ETOILES · texte numérisé non relu

ETOILES

L'Ange des nuits sur la colline Jette son voile déplié, Et, perdu dans la brume fine, Le mont chancelle et se dandine Gomme un cyclope estropié.

Là-bas, fantastique décombre, La vieille tour du vieux manoir Se drape dans les plis de l'ombre Gomme un bandit au regard sombre Dans l'ampleur de son manteau noir !

PHILOMELA. i9

Vaste fourmilière de mondes, Le ciel, tout bigarré de feu.

Ruisselle de paillettes rondes, Immense ecrin de perles blondes Doublé d'un large satin bleu !

Et moi, vers la nue étoilée Je lève mes regards séduits, Et ma fantaisie envolée Monte et papillonne, affolée Par les douces clartés des nuits.

Qui donc est là-haut qui secoue Rubis et perles dans les airs ?

Serait-ce pas Dieu qui se joue Et qui, comme un paon, fait la roue Avec tous ces yeux grands ouverts ?

iO PIIILOMÉLA.

Le poète aime les féeries :

Peut-être, pour valser en rond, Sont-ce de blanches Valkyries Qui, comme en guirlandes fleuries, Passent une escarboucle au front ?

Peut-être, ivres du suc des roses, Quelques sylphes ati vol moins sûr Allument-ils des torches roses, Pour regagner les portes closes Qui défendent leurs nids d'azur !

L'Ange des nuits sur la vallée Laisse tomber ses voiles noirs, Et ma fantaisie envolée Monte et papillonne, affolée Par les douces clartés des soirs î

PIIILOMKLA. ol

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