ETOILES
L'Ange des nuits sur la colline Jette son voile déplié, Et, perdu dans la brume fine, Le mont chancelle et se dandine Gomme un cyclope estropié.
Là-bas, fantastique décombre, La vieille tour du vieux manoir Se drape dans les plis de l'ombre Gomme un bandit au regard sombre Dans l'ampleur de son manteau noir !
PHILOMELA. i9
Vaste fourmilière de mondes, Le ciel, tout bigarré de feu.
Ruisselle de paillettes rondes, Immense ecrin de perles blondes Doublé d'un large satin bleu !
Et moi, vers la nue étoilée Je lève mes regards séduits, Et ma fantaisie envolée Monte et papillonne, affolée Par les douces clartés des nuits.
Qui donc est là-haut qui secoue Rubis et perles dans les airs ?
Serait-ce pas Dieu qui se joue Et qui, comme un paon, fait la roue Avec tous ces yeux grands ouverts ?
iO PIIILOMÉLA.
Le poète aime les féeries :
Peut-être, pour valser en rond, Sont-ce de blanches Valkyries Qui, comme en guirlandes fleuries, Passent une escarboucle au front ?
Peut-être, ivres du suc des roses, Quelques sylphes ati vol moins sûr Allument-ils des torches roses, Pour regagner les portes closes Qui défendent leurs nids d'azur !
L'Ange des nuits sur la vallée Laisse tomber ses voiles noirs, Et ma fantaisie envolée Monte et papillonne, affolée Par les douces clartés des soirs î
PIIILOMKLA. ol