‹ Poésies (volume 4)Chapitre 12 sur 171 · ÉTOILES · texte numérisé non relu

ÉTOILES

L'Ange des nuits sur la colline Jette son voile déplié, Et, perdu dans la brume fine, Le mont chancelle et se dandine Comme un cyciope estropié.

Là-bas, fantastique décembre, La vieille tour du vieux manoir Se drape dans les plis de l'ombre Comme un bandit au regard sombre Dans l'ampleur de son manteau noir !

Philomèla. 5 1

Vaste fourmilière de mondes, Le ciel, tout bigarre de feu, Ruisselle de paillettes rondes, Immense écrin de perles blondes Doublé d'un large satin bleu !

Et moi, vers la nue étoilée Je lève mes regards séduits, Et ma fantaisie envolée Monte et papillonne, affolée Par les douces clartés des nuits.

QjLii donc est là-haut qui secoue Pubis et perles dans les airs?

Serait-ce pas Dieu qui se joue Et qui, comme un paon, fait la roue Avec tous ces yeux grands ouverts?

Le poèt e aime les féeries :

Peut-être, pour valser en rond, Sont-ce de blanches Valkyries Qui, comme en guirlandes fleuries, Passent une escarboucle au front ?

52 Phihmèla.

Peut-être, ivres du suc des roses, Quelques sylphes au vol moins sûr Allument-ils des torches roses.

Pour regagner les portes closes Oui défendent leurs nids d'azur!

L'Ange des nuits sur la vallée Laisse tomber ses voiles noirs, Et ma fantaisie envolée Monte et papillonne, affolée Par les douces clartés des soirs !

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