‹ Poésies (volume 4)Chapitre 128 sur 171 · NID D'HIVER · texte numérisé non relu

NID D'HIVER

Il m'en souvient! T'en souviens-lu Ce fut une heure tendre et douce.

Vous vous taisiez, je m'étais tû, Oiseaux endormis dans la mousse.

La mousse de ce nid charmant Était de soie et de dentelle.

On y trépassait en s'aimant.

Tu te souviens ! Je me rappelle.

40 Iiitcruicde.

Nos bras, avec cette langueur D'un lierre qui se désenlace, S'abandonnaient, pour que ton cœur Ce cher cœur d'amoureuse lasse,

Pût battre, libre, sous le sein Où frémit^ s'élève, s'abaisse Et se bombe comme un coussin Ta chair de jeune et grasse abbessc.

Et, pendant que nous nous taisions.

Ayant trop de choses à dire, Jaloux de nos effusions, Avares de notre délire ;

Deux pauvres petits passereaux.

Sur le balcon aux maigres plantes, Regardaient, le bec aux carreaux, Se pâmer nos tendresses lentes,

Et, — croyant les jours revenus,

Les jours d'avril où nous nous plûmes,

Tout fâchés de n'être point nus.

Ne pouvaient que mêler leurs plumes !

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