‹ Poésies (volume 4)Chapitre 20 sur 171 · INVITATION A LA PROMENADE · texte numérisé non relu

INVITATION A LA PROMENADE

Poète frivole, épris des musées Et des rouges fleurs en papier gommé, Tu n'as jamais vu que de tes croisées La verte splendeur du mois embaumé.

En vérité, ceux qui tont des risées Sur le doux printemps n'ont jamais aimé. Mouillez ma bottine, ô fraiches rosées Du bois où bourgeonne et gazouille Mai !

Belle fleur, dis-moi la bonne aventure ! Ah ! mon amoureux, il n'est rien de tel Qiic de voir au vent flotter ma ceinture.

De mon doigt rosé comme en un pastel, Je veux te montrer l'éclat immortel D'un site charmant comme une peinture !

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LE JAPACANI

Sous l'évasemcnt noir de quelque grand platane, Comme un japacani dans les feuilles niché. Ayant sous mes talons tout ce qui luit ou plane. Je veux dormir, au nid de mon désir couché !

Je veux que l'on me tresse un hamac de liane, due l'haleine des fleurs baise mon front penché, Et, caressante, éveille une chanson persane Sur mon luth qui frissonne à ma droite abranché !

Qiie mon narguilhé d'or s'allume, et que dans l'ombre En jaiUisse, à la fois éblouissr.nt et sombre. Le tourbillonnement des rêves inouïs ;

Que de vous la plus belle, ô houris de ma couche, Butinant des senteurs de femme à chaque bouche, M'apporte en un baiser tous vos baisers unis !

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SUxR LES COLLINES

Chère âme, nous irons sur le haut des collines, Nous verrons de pluf: près sous les cieux moins pesants Les nuages pareils aux blanches mousselines Qui flottent sur le cou des filles de seize ans.

Plus douce que la voix douce des mandolines, Ta parole épandra ses charmes bienfaisants, Et dans les buissons verts où sont les avelines Tes deux yeux brilleront comme des verts luisants.

Pleins de joie à travers la nuit élégiaque,

Le front auréolé d'un pâle demi-jour,

Nous gravirons les pics couronnés d'ombre opaque;

Et l'on dira, voyant ton lumineux contour, Que les Anges vêtus d'air paradisiaque Descendent sur les monts pour y faire l'amour !

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