‹ Poésies (volume 4)Chapitre 33 sur 171 · L'ÉPHÈBE · texte numérisé non relu

L'ÉPHÈBE

Jeune homme, sur ton front neigeux comme l'hermine Ta chevelure aUume un céleste halo ; Ta joue immaculée où l'incarnat domine Eût ravi cet amant des roses, Murillo !

A l'époque païenne où Narcisse chemine, Amoureux de ses pieds d'ivoire, au bord de l'eau, La Grèce eût reconnu, voyant ta belle mine, Le frère de Diane ou la sœur d'Apollo !

Mais ces fronts éclatants de lueurs souveraines,

Les Dieux sont en mépris, les Dieux sont au tombeau

Le nocher n'ouït plus la chanson des Sirènes ;

Le ceste de Vénus est un vague lambeau ;

Toi seul, posthume enfant des époques sereines,

Tu portes fièrement la honte d'être beau !

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