L'ÉPHÈBE
Jeune homme, sur ton front neigeux comme l'hermine Ta chevelure aUume un céleste halo ; Ta joue immaculée où l'incarnat domine Eût ravi cet amant des roses, Murillo !
A l'époque païenne où Narcisse chemine, Amoureux de ses pieds d'ivoire, au bord de l'eau, La Grèce eût reconnu, voyant ta belle mine, Le frère de Diane ou la sœur d'Apollo !
Mais ces fronts éclatants de lueurs souveraines,
Les Dieux sont en mépris, les Dieux sont au tombeau
Le nocher n'ouït plus la chanson des Sirènes ;
Le ceste de Vénus est un vague lambeau ;
Toi seul, posthume enfant des époques sereines,
Tu portes fièrement la honte d'être beau !