DOUCEUR DU SOUVENIR
Je suis de ces marins qui rêvent sur la mer
Au charme de revoir, plus tard, dans les demeures,
Les flots bleus et le vol des mouettes par l'air !
Triste sous le baiser plaintif dont tu m'effleures, Oh ! combien ton baiser de jadis m'est plus cher ! Les choses du passé, ma sœur, sont les meilleures.
Souviens-toi. Le regret même n'est pas amer.
Le deuil des jours anciens sourit quand tu le pleures,
Et du plus sombre soir le souvenir est clair.
Mais je hais le présent avec ses fades leurres.
Et, le cœur débordant d'un mépris juste et fier.
Si je poursuis mes jours, c'est que dans quelques heures
Le morose aujourd'hui sera le doux hier.
COdUETTERIE DE FANTOME
Vieilles heures, poussière, hélas ! des sabliers Brisés...
J'entends le pas des bonheurs oubliés.
Les trépassés charmants, les adorables mortes. Rêves, illusions, entrebâillent les portes De jadis! Une amour, sournoise, avec langueur, A soulevé la pierre obscure de mon cœur.
y6 Soirs moroses.
Salut, ma jeune amour, blonde ressuscitée !
Ah ! coquette, la fleur à ton cercueil jetée.
Tu l'as mise dans tes cheveux ! et sur ton sein^
Les trous du fin linceul s'ouvrent comme à dessein.
Mais elle, qui me voit au front plus d'une ride, Fait la moue, et prétend que le jour l'intimide. Jure qu'elle a sommeil cncor, feint de bâiller. Et rentre en son tombeau pour ne plus s'éveiller.