TRIPTYQUE
Nigra
Sous vos crins noirs d'un noir farouche VA vos yeux au cerne lascif, Saigne, fraîche blessure à vif, Une barbare et rouge bouche.
Piège d'ombre où la pourpre luit !
Il m*a semblé voir, pour ma perte, Quelque fatale rose ouverte Comme un vertige dans la nuit.
Les anneaux de votre crinière, Bourrus et drus comme velours, Ne lâchent plus, tant ils sont lourds, L'âme qu'ils firent prisonnière :
Et l'atroce amour d<* baiser
Votre rouge bouche cruelle
Fait saigner tous les cœurs comme elle!
Ils saignent tous, sans l'apaiser.
LIEDS, ET MENUS POÈMES. iho
Fïaia
La plainte d'une défaillance Meurt dans le charme timoré De vos cheveux d'or dédoré Et de vos bleus yeux de faïence.
f.>> LIEDS ET MEM'> POÈMES.
Fânt'jme à pH?in«» d'une fleur.
Sans chaleur, et pre*«que pas ro^^v Votre bouche lanîruiJe n'o*'- Ni le parfum ni la couleur.
A vos bras aux blancheurs blé mies Les veines ont sans battement L'exténué bleuissement Des virginales anémies.
L*hymen a peur de vous briser!
Kt si votre pâle cœur aime Vous exhalerez le supn^me Soupir dans le premier baiser.
Rubra
Le sang des meurtres, la brûlure Du fer rouge, une explosion Descarboucles en fusion, Flambent dans votre chevelure î
Comme ea quelque infernal bûcher.
Ayant pour braises les luxures, Ce sont les damnations sûres Que nos dents y viennent mâcher.
Le front ballant, Tàme étourdie, On se sent tout Tetre léché Des langues de feu du péché î Et pour activer l'incendie
Votre nuque au poil emmêlé Et roux comme à l'aine d'un faune Souffle une odeur de safran jaune, De naphte et de santal brûlé.