‹ Poésies (volume 5)Chapitre 27 sur 40 · LE CHOIX MÉLANCOLIQUE · texte numérisé non relu

LE CHOIX MÉLANCOLIQUE

« Que veux-tu? dit-elle; Je t'aime I veux-tu Mon sein de dentelle Et d'ombre vêtu ?

16r» LIEDS ET MENUS POÈMES.

Vpux-Iu. pour ta (ièvn* En l'aixlente nuit, La chair de: nia lèvre.

Fraîche comme un fruit ?

Veux-tu sous le voih»

Des lonfiTS cils fermés La mourante étoile De nips yeux pâmés ?

Ah ! dis quelle chose Tu veux! Te plaît-il Qu'un calice rose T'offre son pistil f

Ma voix, comme un merle Dans le vert buisson, Jase, perle à perle; Veux-tu ma chanson.

Mon babil, mes Fires, Mes jeux querelleurs?

Ce que tu désires, Dis-le donc î — Tes pleurs. »

L^EIEURE VOLEE

« Sonneur qui sonnes l'heure et l'heure

Sur la ville dans le clocher,

L'heure grave d*ouïr prêcher,

Celle où Ton rit, celle où Ton pleure.

ve^

Oui sonnes, été comme hiver, Les baptêmes, les agonies, La mort aux affres infinies Et rhymen souvent plus amer,

Dis, sonneur qui jusqu'au soir blême Tires la corde à tour de bras, Pourquoi Thomme n'entend-il pas L'heure exquise, l'heure où l'on aime? »

Et le sonneur répond : « Pourtant, Comme les autres je la sonne; Est-ce ma faute si personne En ce bas monde ne l'entend ?

Dès que l'Orient s'ensoleille Devrait tinter l'heure d'amour, Mais un séraphin fait de jour Enire au clocher et me surveille;

Et d'une adroite main, tandis Que je sonne, avant qu'elle sorte" Il la prend au vol et l'emporte Pour les anges au paradis! »

LHYMNAIRE DES AMANTS

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