LE CHOIX MÉLANCOLIQUE
« Que veux-tu? dit-elle; Je t'aime I veux-tu Mon sein de dentelle Et d'ombre vêtu ?
16r» LIEDS ET MENUS POÈMES.
Vpux-Iu. pour ta (ièvn* En l'aixlente nuit, La chair de: nia lèvre.
Fraîche comme un fruit ?
Veux-tu sous le voih»
Des lonfiTS cils fermés La mourante étoile De nips yeux pâmés ?
Ah ! dis quelle chose Tu veux! Te plaît-il Qu'un calice rose T'offre son pistil f
Ma voix, comme un merle Dans le vert buisson, Jase, perle à perle; Veux-tu ma chanson.
Mon babil, mes Fires, Mes jeux querelleurs?
Ce que tu désires, Dis-le donc î — Tes pleurs. »
L^EIEURE VOLEE
« Sonneur qui sonnes l'heure et l'heure
Sur la ville dans le clocher,
L'heure grave d*ouïr prêcher,
Celle où Ton rit, celle où Ton pleure.
ve^
Oui sonnes, été comme hiver, Les baptêmes, les agonies, La mort aux affres infinies Et rhymen souvent plus amer,
Dis, sonneur qui jusqu'au soir blême Tires la corde à tour de bras, Pourquoi Thomme n'entend-il pas L'heure exquise, l'heure où l'on aime? »
Et le sonneur répond : « Pourtant, Comme les autres je la sonne; Est-ce ma faute si personne En ce bas monde ne l'entend ?
Dès que l'Orient s'ensoleille Devrait tinter l'heure d'amour, Mais un séraphin fait de jour Enire au clocher et me surveille;
Et d'une adroite main, tandis Que je sonne, avant qu'elle sorte" Il la prend au vol et l'emporte Pour les anges au paradis! »
LHYMNAIRE DES AMANTS