STATBA1KE (SUR UNE STATUE D'ENFANT
Iiivini opus Alcimertonli
Vlnr.ll E.
L'enfant ayant aperçu
(.\ rinsu De sa mère, à peine absente) Pendant au premier rameau
De l'ormeau Une grappe mûrissante ;
L'enfant, à trois ans venu,
Fort et nu, Qui jouait sur la belle berbe, N a pu, sans vite en vouloir,
N'a pu voir Briller le raisin superbe.
Il a couru ! ses dix doigts
A la fois, Comme autour d'une corbeille, Tirent la grappe qui rit
Dans son fruit.
Buvez, buvez, jeune abeille !
La grappe est un peu trop haut ;
Donc il faut Que l'enfant bausse sa lèvre.
Sa lèvre au fruit déjà prend,
Il s*y pend, 11 y pend comme la chèvre.
Oh ! comme il pousse en dehors
Tout son corps, Petit ventre de Silène, Reins cambrés, plus fléchissants
En leur sens Que la vigne qu'il ramène.
A deux mains le grain foulé
A coulé; Douce liqueur étrangère!
Tel, plus jeune, il embrassait
Et pressait La mamelle de sa mère.
Age heureux et sans soupçon !
Au gazon Que vois-je? un serpent se glisse, Le même serpent qu'on dit
Qui mordit, Proche d'Orphée, Eurydice.
Pauvre enfant! son pied levé
L'a sauvé; Rien ne l'avertit encore. — C'est la vie avec son dard
Tôt ou tard !
C'est l'avenir ! qu'il l'ignore (1 ) !
(1) Dans la première forme de la statue de David il y avait un. erpent qui était prêt à mordre le pied de l'enfant : je crois que l'artiste a fait disparaître depuis cet accessoire trop philosophique.
2l(i PEKSÉES D'AOUT.
SONNET