‹ PoésiesChapitre 124 sur 177 · STATBA1KE (SUR UNE STATUE D'ENFANT · texte numérisé non relu

STATBA1KE (SUR UNE STATUE D'ENFANT

Iiivini opus Alcimertonli

Vlnr.ll E.

L'enfant ayant aperçu

(.\ rinsu De sa mère, à peine absente) Pendant au premier rameau

De l'ormeau Une grappe mûrissante ;

L'enfant, à trois ans venu,

Fort et nu, Qui jouait sur la belle berbe, N a pu, sans vite en vouloir,

N'a pu voir Briller le raisin superbe.

Il a couru ! ses dix doigts

A la fois, Comme autour d'une corbeille, Tirent la grappe qui rit

Dans son fruit.

Buvez, buvez, jeune abeille !

La grappe est un peu trop haut ;

Donc il faut Que l'enfant bausse sa lèvre.

Sa lèvre au fruit déjà prend,

Il s*y pend, 11 y pend comme la chèvre.

Oh ! comme il pousse en dehors

Tout son corps, Petit ventre de Silène, Reins cambrés, plus fléchissants

En leur sens Que la vigne qu'il ramène.

A deux mains le grain foulé

A coulé; Douce liqueur étrangère!

Tel, plus jeune, il embrassait

Et pressait La mamelle de sa mère.

Age heureux et sans soupçon !

Au gazon Que vois-je? un serpent se glisse, Le même serpent qu'on dit

Qui mordit, Proche d'Orphée, Eurydice.

Pauvre enfant! son pied levé

L'a sauvé; Rien ne l'avertit encore. — C'est la vie avec son dard

Tôt ou tard !

C'est l'avenir ! qu'il l'ignore (1 ) !

(1) Dans la première forme de la statue de David il y avait un. erpent qui était prêt à mordre le pied de l'enfant : je crois que l'artiste a fait disparaître depuis cet accessoire trop philosophique.

2l(i PEKSÉES D'AOUT.

SONNET

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