A M . JUSTIN MAURICE
D:uis le Jura.
Nous gravissions de nuit une route sévère, Eue côte escarpée aux rochers les plus hauts;
L'orage avait cessé; chaque nue en lambeaux Flottait, laissant des jours où brillait quelque sphère.
Une raie un peu blanche au loin parut se faire : C'est l'aube, dit quelqu'un ; — et sur ces monts si beaux, Si beaux de ligne sombre, et pour moi si nouveaux, Je chantais en mon cœur : Voyons l'aube légère !
Mais, à peine à mon siège où j'étais remonté,
Le sommeil du matin, pesant, précipité,
Ferma de plomb mes yeux. —Quand déjà l'aube errante
Luit du bord éternel, ainsi l'autre sommeil, Le sommeil de la mort saisit l'âme espérante, Et nous nous réveillons au grand et plein soleil !