‹ PoésiesChapitre 161 sur 177 · IMITE DE BOWLES · texte numérisé non relu

IMITE DE BOWLES

Novembre

Étrange est la musique aux derniers soirs d'automne Quand vers Rovéréa, solitaire, j'entends

Mi NOTES ET SONNETS.

Craquer l'orme noueux, et mugir les autans Dans le feuillage mort qui roule et tourbillonne.

Mais qu'est-ce si déjà, sous la même couronne De ces bois alors verts, et sur ces mêmes bancs, On eut, soir et matin, la douceur des printemps Auprès d'un cœur ami de qui l'absence étonne?

Reviens donc, ô Printemps ! renais, feuillage aimé ! Mois des zéphyrs, accours ! chante, chanson de mai Mais triste tu seras, mais presque désolée,

Si ne revient aussi, charme de ta saison, Printemps de ton printemps, rayon de ton rayon, Celle qui de ces bois bien loin s'en est allée !

SONNET

IMITÉ DE MISS CAROLINE BOWLES lia seconde femme du poète Southeyj

Je n'ai jamais jeté la Heur Que l'amitié m'avait donnée, — Petite fleur, même fanée, — Sans que ce fût à contre-cœur.

Je n'ai jamais contre un meilleur Changé le meuble de l'année,

L'objet usé de la journée, Sans en avoir presque douleur.

Je n'ai jamais qu'à faible haleine Et d'un accent serré de peine Laissé tomber le mot Adieu-

Malade du mal du voyage, Soupirant vers le grand rivage Où ce mot va se perdre en Dieu.

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