‹ PoésiesChapitre 126 sur 141 · LE JET D'EAU · texte numérisé non relu

LE JET D'EAU

Tes beaux yeux sont las, pauvre amante ! Reste longtemps, sans les rouvrir, Dans cette pose nonchalante Où t'a surprise le Plaisir.

Dans la cour le jet d'eau qui jase Et ne se tait ni nuit ni jour, Entretient doucement l'extase Où ce soir m'a plongé l'amour.

La gerbe épanouie

En mille fleurs, Où Phœbé réjouie

Met ses couleurs, Tombe comme une pluie

De larges pleurs.

Ainsi ton âme qu'incendie Le vif éclair des voluptés S'élance, rapide et hardie,

Vers les vastes cieux enchantés.

Puis elle s'épanche, mourante, En un flot de triste langueur, Qui par une invisible pente Descend jusqu'au fond de mon cœur.

La gerbe épanouie

En mille fleurs, Où Phœbé réjouie

Met ses couleurs, Tombe comme une pluie

De larges pleurs.

O toi, que la nuit rend si belle,

Qu'il m'est doux, penché vers tes seins,

D'écouter la plainte éternelle

Qui sanglote dans les bassins !

Lune, eau sonore, nuit bénie,

Arbres qui frissonnez autour,

Votre pure mélancolie

Est le miroir de mon amour.

La gerbe épanouie En mille fleurs,

Où Phœbé réjouie Met ses couleurs,

Tombe comme une pluie De larges pleurs.

LES YEUX DE BERTHE ous pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,

▼ Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s'enfuil Je ne sais quoi de bon, de doux comme la Nuit! Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes ténèbres !

Grands yeux de mon enfant, arcanes adorés, Vous ressemblez beaucoup à ces grottes magiques Où, derrière l'amas des ombres léthargiques, Scintillent vaguement des trésors ignorés!

Mon enfant a des yeux obscurs, profonds et vastes, Comme toi, Nuit immense, éclairés comme toi! Leurs feux sont ces pensers d'Amour, mêlés de Foi, Qui pétillent au fond, voluptueux ou chastes.

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