‹ PoésiesChapitre 34 sur 141 · LES TÉNÈBRES · texte numérisé non relu

LES TÉNÈBRES

Dans les caveaux d'insondable tristesse Où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse,

Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur Condamne à peindre, hélas ! sur les ténèbres; Où, cuisinier aux appétits funèbres, Je fais bouillir et je mange mon cœur,

Par instants brille, et s'allonge, et s'étale Un spectre fait de grâce et de splendeur. A sa rêveuse allure orientale,

Quand il atteint sa totale grandeur,

Je reconnais ma belle visiteuse :

C'est Elle! noire et pourtant lumineuse.

FLEURS DU MAL

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