CHAMBRE OBSCURE
A Rose.
Sur le balcon as-tu trop chaud?
Rentrons dans le boudoir puisque le ciel te brûle.
Notre almanach est bien nigaud D'inscrire au quinze mai ce jour de canicule.
Comme Xerxès fouettait la mer, Frappe avec ton mouchoir la chaleur qui t'agace;
Ou plutôt, Rose, empêchons l'air D'entrer par la fenêtre, il perdra notre trace.
Fermons le store et les volets; Aide-moi, donnons-nous la fraîcheur d'une grotte.
Pourquoi des habits? ôtons-les, Et viens sur mes genoux m'écouter, je radote.
0 2 ELEGANCES
Tends les oreilles à tâtons :
Dans cette obscurité nous habitons un antre
Tapissé de pampre en festons, Avec ce banc de mousse à nous deux, dans le centre.
Je sens tes cheveux sur mon cou; Tu te tais, mais j'en tends comme un vague bruit d'ailes ;
Serait-ce Amour le petit fou?
Non, ton sein soulevé fait trembler tes dentelles.
Et ce souffle, est-ce le Zéphyr?
Non, c'est ta douce et Fraîche et délectable baleine...
Par hasard, comptez-vous dormir, La belle aux bras ballants qui ne bougez qu'à peine ?
Allons, allons, c'est trop souffler; Silence ! on va vous dire une ode, ma dernière.
— Tiens! Rose se met à ronfler !
Décidément Rosette a changé de manière.)
Inédit.