‹ Poésies (volume 2)Chapitre 27 sur 82 · LE SONGE · texte numérisé non relu

LE SONGE

A Ninon.

Dans un rêve apporté par un dernier sommeil.

J'assistais ce matin à ma propre victoire :

Je me voyais passer sur un char en ivoire,

Par quatre chevaux blonds traîné comme un soleil.

A Phébus flamboyant je devenais pareil ; Car les crinières d'or, pour m'aitler à le croire, Dans leur rayonnement m'entouraient d'une gloire. Mais soudain un baiser m'a conduit au réveil.

Où suis-je? Entre tes bras, maîtresse blanche etbîonde Sur l'éclat de ton sein ma tète vagabonde, Tes cheveux rutilants éblouissent mes yeux.

— Amour, ne doutons plus de la valeur des songes L'aimable vérité dit parfois leurs mensonges; Mon rêve eut bien raison, qui m'égalait aux dieux.

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