‹ Poésies (volume 2)Chapitre 41 sur 82 · A UNE SOURCE · texte numérisé non relu

A UNE SOURCE

Source qui dors au frais sur une blonde argile. J'enviais pour mon cœur le sommeil de tes eaux. Assis parmi tes joncs sous tes sveltes bouleaux, Déjà je m'accoudais en pasteur de Virgile;

Quand vient sur l'autre bord, bras nus, d'un pas agile. Bergère dont la soif court après les ruisseaux. Ses doigts impatients écartent les roseaux Et puisent. C'en est fait de ton calme fragile.

Eau qu'une femme émeut dans ton recueillement. Qu'ai-je à te jalouser, trop mobile élément'-' Je rêvais m'assagir selon ta paix profonde;

Mais la nymphe qui boit dans le creux de sa main Jette un regard sur l'homme assis près du chemin ; Et mon repos troublé frémit comme ton onde.

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