‹ Poésies (volume 2)Chapitre 43 sur 82 · BAIN DE MER · texte numérisé non relu

BAIN DE MER

Sur ce rivage au sable lisse

Le bain d'hier fut un délice;

L'Océan n'était plus amer.

Dans les eaux d'une jeune blonde,

Comme un triton, j'aimais sous l'onde,

Et comme à Paris, à la mer.

Je disais devant chaque lame :

« Que m'apportez-vous de la dame,

Vous si retorse en vos larcins? »

Et, sur mon cœur pressant les vagues,

Je mêlais mes étreintes vagues

A leurs frissons pris sur des seins.

ELEGANCES

L'élément qui partout pénètre M'inondait d'un secret bien-être; J'y trouvais l'humaine chaleur, L'odeur aussi qu'une coquette Conserve exprès de sa toilette Et que ravit le flot voleur.

J'aurais voulu sous la nuit close Prolonger ce bain à la rose.

Quand la baigneuse en eut assez.

Suivant ses courbes vers la plage Je pressais encore à la nage Les sillons qu'elle avait tracés.

Que j'ai changé d'un jour à l'autre !

A mes pieds l'Océan se vautre Lascif et câlin comme hier.

Le sable est doux, l'air est sans brise; Mais, ce matin, je les méprise :

Pour me baigner je suis trop fier.

C'est que la nuit me fut heureuse; Sur son lit de plume amoureuse,

Dans le blanc roulis de ses draps, — D'y penser je brûle et frissonne, — J'ai senti la blonde personne S'abandonner entre mes bras.

Je suis couvert de ma maîtresse.

J'ai la chaleur de son ivresse, J'ai les parfums de son toucher; Mon être entier porte ses traces :

a Je ne veux plus que tu m'embrasses, Mer, garde-toi de m'approcher! »

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