A UN POÈTE
AMANT DEPITE
Amant qui maudissez dames et demoiselles, Vous aurait-on trahi ? Source amère de pleurs ! Pleurez, mais sur la lyre; illustrez vos douleurs, En ne grondant pas trop si l'Amour a des ailes.
Aux femmes demandez la grâce des gazelles, Les doux yeux des pigeons et l'haleine des fleurs. Que si vos fiers instincts effarouchent les leurs, Souffrez, en confessant que rien n'est beau sans elles.
Passons l'inconsistance à la fragilité Malgré l'affront sanglant de l'infidélité. L'héroïque Iliade admire encore Hélène.
Prenez-le sur ce ton quand l'amante est en jeu ; Qu'on sente à vos accents le ciel dans son œil bleu. La grâce dans ses bras, les lis dans son haleine.