LA CÉLÉBRITÉ A TOUT PRIX
Parfois dans les méchants l'orgueil vise au prodige. Sa tâche a deux moyens : l'un détruit, l'autre érige, Selon que l'homme est faible ou se connaît puissant. Le chétif court brûler la merveille d'Ephèse, Et, destructeur obscur, dérobe à la fournaise Un reflet dont l'éclat demeure éblouissant.
Le fort, s'il est armé de la prodictature, Entasse dans Paris sa folle architecture : Déplorables palais, temples sans dignité, Théâtres où les mœurs hâtent la décadence. Que veulent ces hochets de pure outrecuidance? Rendre fameux un homme aux frais d'une cité.
LES DROLESSES
Je le demande à vos poupins :
Que trouvent-ils chez vous, drôlesses, Qui prenez des airs galopins Pour aiguillonner leurs faiblesses?
J'ai vu Finette sur portraits :
Dieu la combla, rien ne lui manque; Mais le bon tour à ses attraits Que ces façons de saltimbanque!
Je me rappelle. — En ce temps-là, On portait le point d'Angleterre; Aujourd'hui, capitan Rolla, Vous portez l'habit mousquetaire.
Je suis un Géronte étonné, Quand un soudard qui fut Perrette, Dans son landau capitonné Passe en fumant la cigarette.
Pourquoi jouer les faux garçons ?
Dirait-on pas que Vénus chôme, Et que ces femmes polissons Suivent la mode de Sodome?
Quoi! pour séduire un damoiseau Pompon singe le matamore!
Mimi se campe en ragazzo !
Rallumez-vous, feux de Gomorrhe '
Mais ces gamines sont charmants, On en rêve dans les collèges; Eux, les papas et les mamans Trouvent lisibles leurs manèges ;
Et, dédaigneuse des grondeurs,
La jeune vierge qui regarde
Au détriment de ses pudeurs,
Met son chapeau comme un cent-garde.
Voilà comment de tic en tic L'exemple envahit les familles, Tant qu'un beau jour le gros public Confond nos filles et ce's filles.
Enfants terribles du succès, A nous corrompre tout conspire; Mais ribaudez, heureux Fiançais, Dieu veille au salut de l'Empire!