‹ Poésies (volume 3)Chapitre 97 sur 124 · LA GOUTTE D'ENCRE · texte numérisé non relu

LA GOUTTE D'ENCRE

On y tient à ces chairs que la fin décompose. L'infecte abjection du fatal dénouement S'évite avec de l'or par un embaumement; Entre l'homme et le ver la drogue s'interpose.

Momie, on sort vidé de sa métamorphose.

Le chimiste appelé pour l'accommodement

Insère, où circulait la vie, un condiment ;

Mais la peau vous demeure, et c'est bien quelque chose.

Étalez là-dessus les crachats, votre orgueil, Et, garanti de l'air sous le plomb du cercueil, Devenez immortel, ne fussiez-vous qu'un cancre.

C'est ainsi que les ducs, et qu'ainsi les prélats Se gardent épicés, en habits de galas.

— Chansons, conservez-moi dans une goutte d'encre !

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