‹ PoésiesChapitre 12 sur 101 · A UNE DAME VIRTUOSE · texte numérisé non relu

A UNE DAME VIRTUOSE

Qu'un autre, se rêvant sur un haut promontoire, Soit harpe éolienne, et que là ses concerts Imitent sous le vent les bruits de l'univers; Au choc des ouragans vibrer devient sa gloire.

Qu'il rende en ses frissons les voix d'une nuit noire; Qu'il rappelle en fracas le grand courroux des mers; Qu'il gronde avec la foudre au milieu des éclairs! Les aigles dans le ciel lui font un auditoire.

A lui, fier instrument, l'énorme volupté

De s'épandre au-dessus de notre humanité.

— Madame, un peu moins haut j'ai fixé mon délire :

Dans le petit hôtel où vous coulez les jours, Rimeur, qui ne sais rien que les soupirs d'amours, Sous vos doigts adorés je voudrais être lyre.

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