‹ PoésiesChapitre 51 sur 101 · FLEURS · texte numérisé non relu

FLEURS

Le docte horticulteur gravement me conduit

Avec des mois pompeux devant chaque produit;

Il me vante en pathos ses roses panachées,

Ses hortensias bruns à corolles tachées :

« Jeune homme, contemplez cet œillet nonpareil,

Ces fuchsias aussi, les seuls sous le soleil! »

J'admire; et le savant, qui redoute une fraude,

D'un regard soupçonneux couve sa serre chaude.

Que deviendront ses fleurs? Il attend les beaux jours

Où les échantillons trônent dans un concours :

Là, messieurs les jurés priment sa rose altière;

A son œillet le roi donne une tabatière;

On réserve un ruban pour ses hortensias;

Et comme en bleu céleste il teint les fuchsias,

Ce bleu le fait nommer membre d'académie.

— A sa place, mon Dieu, que de fleurs pour ma mie !

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