‹ PoésiesChapitre 6 sur 101 · A MON AMI E. BOYER · texte numérisé non relu

A MON AMI E. BOYER

Pressons l'étude, ami, puisque notre jeunesse Trop longtemps a vécu d'amusante paresse; Hâtons l'œuvre tardive, afin que notre été Désole nos rivaux par sa fécondité.

Déjà nous avons vu se détacher des branches Le givre printanier de nos floraisons blanches; Pensons bien qu'avant peu l'espoir naissant des fruits Va réclamer les soins qui prennent sur les nuits. Viens, la serpette aux doigts, tailler où l'ombre obstrue Le chemin du soleil sous la ronce bourrue; Viens plonger l'arrosoir cent fois dans le tonneau; Viens écraser la guêpe et chasser le moineau. Ou, si notre indolence a laissé la culture Pour conter la fleurette et courir l'aventure,

Que devenir plus tard, quand nos riches voisins Quitteront leur enclos chargés de ses raisins? Nous, pauvres, vendangeant la honte pour récolte, Où fuir? Ne sens-tu pas ton cœur qui se révolte? Ami, pressons l'étude, et bientôt tu verras Les produits triomphants rayonner dans tes bras, Des jaloux envier nos richesses vermeilles, Plutus nous rire, Amour admirer nos corbeilles.

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