A MON AMI ALFRED T
Dans mes jours de malheur, Alfred, seul entre mille, Tu m'es resté fidèle où tant d'antres m'ont fui. Le bonheur m'a prêté plus d'un lien fragile; Mais c'est l'adversité qui m'a fait un ami
C'est ainsi que les fleurs sur les coteaux fertiles Étalent au soleil leur vulgaire trésor; Mais c'est au sein des nuits, sous des rochers stériles. Que fouille le mineur qui cherche un rayon d'or.
C'est ainsi que les mers calmes et sans orages Peuvent d'un flot d'azur bercer le voyageur ; Mais c'est le veut du nord, c'est le vent des naufrages Qui jette sur la rive une perle au pêcheur.
Mamtenant Dieu me garde 1 0 ù vais-je ? £h 1 que m'importe ? Quels que soient mes destius) je dis connue Byron : (( L'Océan peut gronder, il faudra qu'il me porte. » Si mou coursier s'abat, j'y mettrai l'éperon.
Mais du moins j'aurai pu, frère, quoi qu'il m'arrive^ De mou cachet de deuil sceller notre amitié^ Et, que demain je meure ou que demain je vive^ Pendant que mon cœur bat, t'en donner la moitié.
Mai 1858.