SCÈNE III
Une chambre. — Le point du Jour.
IRUS, sortant d*une armoire; SILVIO, d'nn cabinet.
IRUS
Je n'entends plus de bruit.
Je ne vois plus personne.
IRUS
Par la mort-Dieu ! monsieur, que faites-vous ici ?
C'est une question qui m'appartient aussi.
IRUS
Ah ! tant que vous voudrez, mais la mienne est la bonne .
Je vous la laisse donc, en n'y répondant pas.
IRUS
Eh bien ! moi, j'y réponds. — Si j'y suis, c'est ma place Ce n'est pas par-dessus le mur de la terrasse Que jy suis arrivé, comme un larron d'honneur.
J'y suis ¥enu, cordieii ! comme un homme de cœur. Je ne m'en cache pas.
Vous sortez d*une armoire.
IRUS. S'il faut vous le prouver pour vous y faire croire, Je suis votre honmie, au moius, mon petit holiereau.
Je ne suis pas le vôtre, et vous criez trop haut.
U veut 8*en aller.
IRUS
Par le sang ! par la mort ! mon petit gentilhomme. Il faut donc vous apprendre à respecter les gens? Voilà votre façon de relever les gants ! SILVIO.
Écoutez-moi, monsieur, votre scène m'assomme. Je ne sais ni pourquoi, ni de quoi vous criez.
IRUS
C'est qu'il ne fait pas bon me marcher sur les pieds. Vive Dieu ! savez-vous que je n'en crains pas quatre ? Palsambleu! ventrebleul je vous avalerais.
Tenez, mon cher monsieur, allons plutôt nous battre. Si vous continuiez, je vous souffletterais.
IRUS
Mort-Dieu I ne croyez pas, au moins, que je balance.
INERTE ^ dans la coulisse.
Ninette! holà, Ninon I
IRUS
C'est le père. — Silence.
Esquivons-nous, monsieur, nous nous retrouverons.
Il rentre dans son armoire, et Silvio dans le cabinet. Ninon l Ninon!
NINON ^ entrant.
Mon père, après l'histoire affreuse Qui s'est passée ici, j'attends tous vos pardons. Je n'aime plus Silvio. — Je vivrai malheureuse, ' Et mon intention est d'épouser Irus. ^
Elle se Jette à genoux.
LAERTE; Je suis vraiment ravi que vous ne l'aimiez plus. Quel roman lisiez-vous, Ninon, cette semaine ?
NINETTE^ entrant et se Jetant à genoux de l'autre côtd. 0 mon père ! ô mon maître 1 après l'horrible scène Dont cette nuit nos murs ont été les témoins, A supporter mon sort je mettrai tous mes soins. Je hais mon séducteur, et je me hais moi-même. Si vous y consentez, Irus peut m' épouser.
LAERTE
Je n'ai, mes chers enfants, rien à vous refuser. Vous m'avez offensé. — Cependant je vous aime. Et je ne prétends pas m'opposer à vos vœux. Enfermez-vous chez vous. — Ce soir, à la veillée. Vous trouverez en bas la famille assemblée. Comme vous ne pouvez l'épouser toutes deux, Irus fera son choix. Tâchons donc d'être belles;
A QUOI RÊVENT LES JEUNES FILLES. S2i
est poiut ki-bas de douleurs étemelles, z, retiiez-Tous.
Il sort. Ninon et Ninette le sui?ent.