‹ PoésiesChapitre 71 sur 142 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Une chambre. — Le point du Jour.

IRUS, sortant d*une armoire; SILVIO, d'nn cabinet.

IRUS

Je n'entends plus de bruit.

Je ne vois plus personne.

IRUS

Par la mort-Dieu ! monsieur, que faites-vous ici ?

C'est une question qui m'appartient aussi.

IRUS

Ah ! tant que vous voudrez, mais la mienne est la bonne .

Je vous la laisse donc, en n'y répondant pas.

IRUS

Eh bien ! moi, j'y réponds. — Si j'y suis, c'est ma place Ce n'est pas par-dessus le mur de la terrasse Que jy suis arrivé, comme un larron d'honneur.

J'y suis ¥enu, cordieii ! comme un homme de cœur. Je ne m'en cache pas.

Vous sortez d*une armoire.

IRUS. S'il faut vous le prouver pour vous y faire croire, Je suis votre honmie, au moius, mon petit holiereau.

Je ne suis pas le vôtre, et vous criez trop haut.

U veut 8*en aller.

IRUS

Par le sang ! par la mort ! mon petit gentilhomme. Il faut donc vous apprendre à respecter les gens? Voilà votre façon de relever les gants ! SILVIO.

Écoutez-moi, monsieur, votre scène m'assomme. Je ne sais ni pourquoi, ni de quoi vous criez.

IRUS

C'est qu'il ne fait pas bon me marcher sur les pieds. Vive Dieu ! savez-vous que je n'en crains pas quatre ? Palsambleu! ventrebleul je vous avalerais.

Tenez, mon cher monsieur, allons plutôt nous battre. Si vous continuiez, je vous souffletterais.

IRUS

Mort-Dieu I ne croyez pas, au moins, que je balance.

INERTE ^ dans la coulisse.

Ninette! holà, Ninon I

IRUS

C'est le père. — Silence.

Esquivons-nous, monsieur, nous nous retrouverons.

Il rentre dans son armoire, et Silvio dans le cabinet. Ninon l Ninon!

NINON ^ entrant.

Mon père, après l'histoire affreuse Qui s'est passée ici, j'attends tous vos pardons. Je n'aime plus Silvio. — Je vivrai malheureuse, ' Et mon intention est d'épouser Irus. ^

Elle se Jette à genoux.

LAERTE; Je suis vraiment ravi que vous ne l'aimiez plus. Quel roman lisiez-vous, Ninon, cette semaine ?

NINETTE^ entrant et se Jetant à genoux de l'autre côtd. 0 mon père ! ô mon maître 1 après l'horrible scène Dont cette nuit nos murs ont été les témoins, A supporter mon sort je mettrai tous mes soins. Je hais mon séducteur, et je me hais moi-même. Si vous y consentez, Irus peut m' épouser.

LAERTE

Je n'ai, mes chers enfants, rien à vous refuser. Vous m'avez offensé. — Cependant je vous aime. Et je ne prétends pas m'opposer à vos vœux. Enfermez-vous chez vous. — Ce soir, à la veillée. Vous trouverez en bas la famille assemblée. Comme vous ne pouvez l'épouser toutes deux, Irus fera son choix. Tâchons donc d'être belles;

A QUOI RÊVENT LES JEUNES FILLES. S2i

est poiut ki-bas de douleurs étemelles, z, retiiez-Tous.

Il sort. Ninon et Ninette le sui?ent.

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