LA COCARDE
A MADEMOISELLE **' Qui lui avoit envoyé une cocarde à l'armée.
J'ai fiiit briller au champ de Mars L'ornement galant et terrible, Par qui, désormais invincible, Je puis affronter les hasards.
Préférable aux lauriers que donne la victoire, Ce panache éclatant va, sous nos étendards Accroître ma valeur, comme il accroît ma gloire. Formez pour des guerriers ces militaires dons. Jusqu'à ce que la paix, repeuplant nos retraites, Vous puissiez couronner nos fronts Du myrte qui croît où vous êtes.
Ainsi la mère des Amours Paroit le fils d'Anchise et lui prêtoit des armes ;
Poésies diverses. 317
Encouragé par elle au milieu des alarmes,
Les regards de Vénus l'accompagnoient toujours.
J'aurai la même destinée, Armé par d'aussi belles mains ; Et si du héros des Troyens La valeur ne m'est pas donnée,
Pour suppléer au moins à ses exploits vantés, J'imite le pieux Énée
Dans le respect qu'il eut pour les divinités.
T^^^f^rr