I. L'évêque de Luçon
Graver aux yeux de Tavenir Ma tendresse et ton souvenir, Comme ils resteront dans mon âme Gravés jusqu'au dernier soupir, Jirois dans le temple des Grâces Laisser d'ineffaçables traces De cette sensible bonté, L'amour, le charme de notre âge, Ou, pour en dire davantage, L'éloge de l'humanité; Mais h, travers les voiles sombres Quand je te cherche dans les ombres, Dans le silence du tombeau, Puis-je soutenir le pinceau ?
Que les beaux-arts, que le Portique, Que tout l'empire poétique.
Où souvent tu dictas des lois Avec la Seine inconsolable Pleurent une seconde fois La perte trop irréparable D'Aristippe, d'Anacréon, D* Atticus et de Fénelon ; Pour moi, de ma douleur profonde Trop pénétré pour la chanter, N'admirant plus rien en ce monde Où je ne puis plus t'écouter.
Sur l'urne qui contient ta cendre.
Et que je viens baigner de pleurs.
Chaque printemps je veux répandre Le tribut des premières fleurs; Et puisqu'enfin je perds le maître
Epures. 275
Qui du vm beau m'eût fait connoître Les mystères les plus secrets.
Je vais à tes sombres cyprès Suspendre ma lyre, et peut-êlre Pour ne la reprendre jamais.