A LA FOREST DE GASTINE
Couché sous tes ombrages vers,
Gastine, je te chante Autant que les Grecs, par leurs vers
La forest d'Erymanthe :
Car, malin, celer je ne puis
A la race future De combien obligé je suis
A ta belle verdure.
Toy qui, sous l'abry de tes bois,
Ravy d'esprit m'amuses ; Toy qui fais qu'à toutes les fois
Me respond.ent les Muses ; Toy par qui de l'importun soin
Tout franc je me délivrai, Lorsqu'on toy je me pers bien loin,
Parlant avec un livre.
Tes bocages soient tousjours pleins
D'amoureuses brigades * De Satyres et de Sylvains,
La crainte des Naiades !
En to}' habite désormais
Des Muses le collège *, Et ton bois ne sente jamais
La flamme sacrilège!