‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 130 sur 361 · A LA FONTAINE SELLERIE · texte numérisé non relu

A LA FONTAINE SELLERIE

Escoute un peu, fontaine vive.

En qui j'ai rebeu si souvent, Couché tout plat dessus ta rive.

Oisif à la fraischeur du vent.

Quand l'esté mesnager moissonne Le sein de Cerès dévestu, Et l'aire par compas 2 ressonne Gémissant sous le blé batu.

Ainsi tousjours puisses-tu estre En religion à tous ceux Qui te boiront, ou feront paistre Tes verds rivages à leurs bœufs ;

Ainsi tousjours la lune claire Voye à my-nuict, au fond d'un val, Les nymphes près de ton repaire A mille bonds mener le bal,

1 , Lucrèce. 2. A coups mesurés.

Comme je désire, fontaine.

De plus ne songer boire en toy L'esté, lors de la fièvre ameine La mort despite * contre moy.

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