A LA FONTAINE SELLERIE
Escoute un peu, fontaine vive.
En qui j'ai rebeu si souvent, Couché tout plat dessus ta rive.
Oisif à la fraischeur du vent.
Quand l'esté mesnager moissonne Le sein de Cerès dévestu, Et l'aire par compas 2 ressonne Gémissant sous le blé batu.
Ainsi tousjours puisses-tu estre En religion à tous ceux Qui te boiront, ou feront paistre Tes verds rivages à leurs bœufs ;
Ainsi tousjours la lune claire Voye à my-nuict, au fond d'un val, Les nymphes près de ton repaire A mille bonds mener le bal,
1 , Lucrèce. 2. A coups mesurés.
Comme je désire, fontaine.
De plus ne songer boire en toy L'esté, lors de la fièvre ameine La mort despite * contre moy.