Gentilles* hirondelles'. Gl
Deux camps drillants ^ de fourmis
Se sont mis En garnison sous ta souche ; Et dans ton tronc mi -mangé
Arrangé Les avettes ont leur couche.
Le gentil rossignolet,
Nouvelet, Avecques sa bien-aimée, Pour ses amours alléger
Vient loger Tous les ans en ta ramée.
Sur ta cyme il fait son ny.
Bien garny De laine et de fine soye, Où ses petits esclorront.
Qui seront De mes mains la douce proye.
Or vy, gentil aubespin,
Vy sans fin, Vy sans que jamais tonnerre Ou la cognée, ou les vents
Ou les temps Te puissent ruer * par terre.
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A REMY BBLLEAU
Du grand Turc je n'ay souci • Ni du grand soldan ^ aussi ;
1. Diligents, pressés (N. qui le 2. Jeter avec force (N.; L.). confond avec brillant; L., hist. 3. Anacréon, XV et XVII. R. et étym.) ; du verbe driller. 4. Sultan (N.).
L'or ne maistrise ma vie,
Aux poys je ne porte envie ;
J'ay soucy tant seulement *
De parfumer cointement •
Ma barbe, et qu'une couronne
De fleurs le chef m'environne, i
Le soin de ce jour me point •,
Du demain je n'en ai point.
Qui, bons dieux ! sçauroit cognoistre
Si un lendemain doit estre. j
Vulcan, en faveur de moy, J
Je te pri*, despeche-toy :
De me tourner une tasse, !
Qui de profondeur surpasse u
Celle du vieillard Nestor; 1
Je ne veux qu'elle soit d'or, i
Sans plus fay-la-mOi de chesne, t
Ou de lierre ou de fresne.
Et ne m'engravc' dedans Ces grands panaches pendans, Plastrons ^ morions, ny armes :
Qu*ai-je soucy des allarmes.
Des assauts ni des combas ?
Aussi ne m'y grave pas Ny le soleil ny la lune, Ny le jour ny la nuict brune, Ny les astres radieux :
Eh ! quel soin ai-je des cieux, De leurs Ours, de leur Charrette.
D'Orion, ny deBoëteC?
Mais pein-moy, je tesuppli.
D'une treille le repli Non encore vendangée ; Peins une vigne chargée
1. Un peuseulement(L.; Burg. 3. Poind, pique*. Gr.,II, 325). 4. Grave".