Le duc d'Orléans, le duc 4. Diminutif (N.; Pougens
Aux bras à demy nuds, qu'une dame coifée
D'artifice soigneux, toute peinte de fard :
Car tousjours la nature est meilleure que l'art... [8J
Escoutez donc ici les musettes sacrées De ces pasteurs venus de lointaines contrées, Qui font diversement tout ainsi qu'il leur plaist D'amoureuses chansons sonner ceste forest.
Ce ne sont pas bergers d'une maison champestre, Qufi mènent pour salaire aux champs les brebis paistre, Mais de haute famille et de race d'ayeux Qui, tenant des pasteurs le sceptre en divers lieux^ Ont effrayé les loups et en toute asseurance Ont guidé les troupeaux par les herbes de France... [55]
ORLÉANTIN.
Puis que le lieu, le temps, la saison et l'envie, ■ Qui s'eschaufent d'amour, à chanter nous convie, Chanton donques, bergers, et en mille façons A ces vertes forests apprenon nos chansons.
Icy de cent couleurs s'esmaille la prairie.
Ici la tendre vigne aux ormeaux se marie.
Ici l'ombrage frais va ies fusilles mouvant Errantes çà et là sous l'haleine du vent ; Icy de pré en pré les soigneuses avettes V Vont baisant et sucçant les odeurs des fleurettes ; Icy le gazouillis enroué des ruisseaux S'accorde doucement aux plaintes des oiseaux; Icy entre les pins les Zephyres s'entendent.
Nos flûtes cependant trop paresseuses pendent A nos cols endormis, et semble que ce temps Soit à nous un hyver, aux autres un printemps.
Sus donques en cet antre ou dessous cet ombrage Disons une chanson. Quant à ma part, je gage. Pour le prix de celuy qui chantera le mieux, Un cerf apprivoisé qui me suit en tous lieux.
Je le desrobay jeune, au fond d'une vallée, ^sa mère, au dos peint d'une peau martelée *,