ANGELOT
Je gage mon grand bouc, qui par mont et par plaine Conduit seul un troupeau comme un grand capitaine ; Il est fort et hardy, corpulent et puissant.
Brusque, prompt, éveillé, sautant et bondissant, Qui gratte, en se jouant, de l'ergot de derrière (Regardant les passans) sa barbe mentonnière ^. Il a le front severe et le pas mesuré, La contenance fîere et l'œil bien asseuré ; Il ne doute ^ les loups, tant soient-ils redoutables, Ny les mastins armez de colliers effroyables. Mais, planté sur le haut d'un rocher espineux. Les regarde passer et si se moque d'eux... [8]
Dès la poincte du jour, ce grand bouc qui sommeille N'attend que le pasteur tout le troupeau réveille,