‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 248 sur 361 · AttsDtlTe*. L., «ty. de Gongs : }. OL;Cfaev · texte numérisé non relu

AttsDtlTe*. L., «ty. de Gongs : }. OL;Cfaev

Qui ses cheveux essuyé aux rayons du soleil,

Qui deçà qui delà dessur le col luy pendent,

Et dessur la houlette à petits flots descendent. . . [6]

Aux pieds de ceste nymphe est un garçon qui semble Cueillir des brins de jonc et les lier ensemble De long et de travers courbé sur le genou.

Il les presse du pouce et les serre d'un noud, Puis il fait entre deux des fenestres égales, Façonnant une cage à mettre des cigales ^ .

Loin derrière son dos est gisante à l'escart Sa panetière enflée, en laquelle un regnard Met le nez finement, et d'une ruze estrange Trouve le déjeuner du garçon et le mange.

Dont l'enfant s'apperçoit sans estre courroucé Tant il est ententif à l'œuvre commencé.

Si mettray-je pourtant une telle houlette.

Que j'estime en valeur autant qu'une musette.

MARGOT

Je mettray pour celuy qui gaignera le prix Un merle qu'à la glus en nos forests je pris ; Puis vous diray comment je Tenfermay en cage Efluy fis oublier son naturel ramage.

Un jour en l'escoutant siffler dedans ce bois J'eu plaisir de son vol et plaisir de sa vois. Et de sa robbe noire, et de son bec qui semble Estre peint de safran, tant jaune il lui ressemble ; Et pour ce j'espiay l'endroit où il buvoit.

Quand au plus chaud du jour ses plumes il lavoit.

Or en semant le bord de vergettes gluées.

L'une assez près de l'autre en ordre situées, Je me cachay sous l'herbe au pied d'un arbrisseau, Attendant 3 que la soif ameneroit l'oiseau.

Aussi tost que le chaud eut la terre enflamée. Et que les bois fueilluz hérissez de ramée N'empeschoient que l'ardeur des rayons les plus chaux Ne vinssent altérer le cœur des animaux,

Page 1