Attaque de nuit (L.). -J. Avant que
Dessommeilla du Bellay l'angevin, Qui bravement sur la lyre d'yvoire Chanta, guerrier, de nos Princes la gloire ; Puis, amoureux, d'un pouce tremblotant Poussa le luth à voix douce chantant Les passions que sa cruelle dame Trop chastement luy gravoit dedans l'ame.
Après, Tyard, amoureux comme luy D'un autre vers souspira son ennuy... [8J
Après, Baïf, d'une flèche plus douce Espoint î au cœur, mignarda * de son pouce Des jouissans les baisers savoureux.
Et de la nuict les combats amoureux, Et les plaisirs dont une douce amante Entre ses bras son damoiseau contente.
Puis des Autels, au contraire touché D'un beau trait d'œil autrement descoché.
Chanta les maux qu'un patient endure Dans les prisons d'une maistresse dure.
Après, Amour la France abandonna, Et lors Jodelle heureusement sonna, D'une voix humble et d'une voie hardie, La comédie avec la tragédie.
Et d'un ton double, ore bas ore haut, Remplit premier le françois eschauff'aut 3.
Tu vins après, encothurné Peruse, Espoinçonné * de la tragique Muse... [8]
Peut-estre après que Dieu nous donnera Quelque hardy qui, brave, sonnera De longue haleine un poëme héroïque.
Quelque autre après la chanson bucolique ; L'un la satyre et l'autre plus gaillard Nous sallera Tepigramme raillard * ; Car il nous aime, et si aime la France, Et tirera nostre langue d'enfance ;