AU ROY CHARLES IX
Après l'ardeur de la guerre cruelle Je voy fleurir le beau siècle doré, Où vous serez des vostres adoré.
Pour la vertu qui vous est naturelle.
Ceste vertu, comme une fleur nouvelle, Se monstre en vous de tous biens honoré ; Car on ne voit un prince décoré D'un corps si beau que l'ame n'en soit belle.
Doncques, mon roy, si vous estes bien né.
Si Dieu vous a un tel sceptre donné.
Si Mars sous vous a perdu sa colère,
N'en soyez fler, mais gracieux et doux ; Car ces deux biens ne viennent pas de vous :
L'un vient de Dieu, l'autre de vostre mère.