‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 329 sur 361 · Ce recueil parut isolément grammes, trad. du grec ou du · texte numérisé non relu

Ce recueil parut isolément grammes, trad. du grec ou du

en 1553, et fut joint aux Œuvres latin).

en 1587. Dans aucune édit. il 2. Avant que*,

n'est et ne peut être complet 3. Jaillissant en parîant de

(Voy. l'Avertissement, tome VI, Peau (N.; L.), s'élevant en par-

p. 337 de Pédlt. P. Bl.). Il corn- lant des oiseaux (N.), et aufig.

prend 61 pièces diverses (Gaie- (N.; L.; Roquef.; J. Gl.).

tés, dithyrambes, odelettes, épi- 4. Mot imitatif.

Qu'il n'est amant qui ne désire, T'oyant > chanter au renouveau, Comme toy devenir oyseau.

Puis quand tu t'es bien eslancée, Tu tombes, comme une fusée Qu'une jeune pucelle au soir De sa quenouille laisse choir.

Quand au fouyers elle sommeille, Penchant à front baissé l'oreille ; Ou bien quand en filant le jour Voit celuy qui luy fait l'amour Venir près d'elle à l'impourveue 3, De honte elle abbaisse la veue, Et son tors * fuseau délié ^ Loin de sa main roule à son pié.

Ainsi tu fonds, mon alouette, Ma doucelette mignonnette, Alouette que j'aime mieux Que tous oiseaux qui sont aux cieux.

Tu vis sans offenser personne ; Ton bec innocent ne moissonne Le froment, comme ces oiseaux Qui font aux hommes mille maux, Soit que le bled rongent en herbe.

Ou soit qu'ils l'égrainent en gerbe ; Mais tu vis par les sillons vers De petits fourmis ^ et de vers ; Ou d'une mouche ou d'une achée ^ Tu portes aux tiens la bêchée ^, Ou d'une chenille qui sort Des feuilles quand l'hiver est mort.

Et pource à grand tort les poètes Vous accusent, vous, alouettes,

1, T*entendant. 6. Mascul. (N.; L.;rem.; R. Bel-

2, Foyer*. leau ; la Font.; L,^ H. de la lang.

3, A Timproviste'. fr„ I, 119).

4, Part, de tordre'. 7. Ver*.

5, Fin*. 8. Becquée*.

D'avoir vostre père hay

Jadis jusqu'à l'avoir trahy,

Coupant de sa teste royale

La blonde perruque ^ fatale.

En laquelle un crin d'or portoit

En qui toute sa force estoit.

Mais quoy ! vous n'estes pas seulettes

A qui les mensongers poètes

Ont fait grand tort; dedans le bols

Le rossignol à haute vois,

Caché dessous quelque verdure,

Se plaint d'eux, et leur dit injure.

Si ^ fait bien Tarondelle aussi

Quand elle chante son cossi ^ ;

Ne laissez pas pourtant de dire

Mieux que devant Ja tirelire.

Et faites crever par despit

Ces menteurs de ce qu'ils ont dit.

Ne laissez pour cela de vivre Joyeusement, et de poursuivre, A chaque retour du printemps, Vos accoustumez passetemps.

Ainsi jamais la main pillarde D'une pastourelle mignarde Parmy les sillons espiant Vostre nouveau nid pépiant.

Quand vous chantez ne le dérobe Dedans les replis de sa robe. Vivez, oiseaux, et vous haussez Tousjours en l'air, et annoncez De vostre chant et de vostre aile Que le printemps se renouvelle.

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