Râlaxare (N.). et Bl
De leurs accords discordans I Certes, la musique doulce
Seule poulse De nos cœurs les soins mordans... [6]
C'est toy, Hercueil, qui encores
Portes ores D'Hercule l'antique nom.
Qui consacra la mémoire
De ta gloire Aux labeurs de son renom.
Je salue tes Dryades,
Tes Nayades, Et leurs beaux antres cogneus.
Et de tes Satyres pères
Les repaires.
Et tes Faunes front- cornus... [36]
Je veux que la tasse pleine
Se promeine Tout autour de poing en poing, Et veux qu'au fond d'elle on plonge
Ce qui ronge Nos cerveaux d'un traistre soing... [12]
lo, qu'on boive et qu'on chante.
Qu'on enchante La dent des soucis félons :
La vieillesse larronnesse
Ja nous presse Le derrière des talons.
lo, garçon, verse encore.
Que j'honore D'un sacrifice joyeux
350 POÉSIES CHOISIES DE RONSAFlD
Geste belle onde verrée ^
Consacrée Au plus gay de tous les dieux... [26J
lo, conipaings, n'oyez- vous De Dorât la voix sacrée
Qui recrée Tout le ciel d'un cKant si doulx ?... [6]
Prestons doncq à ses merveilles
Nos aureilles :
L'entusiasme limousin Ne luy permet de rien dire
Sur sa lyre Qui ne soit divin, divin.
lo, io, quel doux style
Se distile Parmy ses nombres divers !
Nul miel tant ne me recrée
Que m'agrée Le doux nectar de ses vers.
Quand je l'entends, il me semble
Que Ton m'emble * Mon esprit d'un rapt soudain, Et que loing du peuple j'erre
Soûls la terre Avec Tame du Thebain,
Avecques Tame d'Horace :
Telle grâce Se distile de son miel Et de sa voix limousine,
Vrayment digne D'estre Serene du ciel.