‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 39 sur 361 · Cf. A. Chénier, p. 227. 3. Rideau, voile de la nuit · texte numérisé non relu

Cf. A. Chénier, p. 227. 3. Rideau, voile de la nuit

2. Parler avec volubilité, gav- 4. Quod. ce c[ue (L.). rire (N.), Ronsard le conjugue. 5. Marulle. B.

Mais ton cœur ne cache au dedans Sinon que malice et finesse, Celant sous ombre d'amitié Une jeunette mauvaistié *.

Ren*-moy (si tu as quelque honte) Mon cœur, que tu m'as emmené, Dont tu ne fais non plus de conte* Que d'un prisonnier enchaisné.

Ou d'un valet, ou d'un forcere*.

Qui est esclave d'un corsaire.

Une autre moins belle que toy.

Mais plus que toy courtoise et bonne.

Le veut de grâce avoir de moy, Me priant que je le luy donne.

Elle l'aura, puis qu'autrement Il n'a de toy bon traitement.

Mais non, j'aime trop mieux qu'il meure Dedans la prison de tes mains.

J'aime trop mieux qu'il y demeure Tourmenté de maux inhumains.

Qu'en te changeant, jouir de celle Qui m'est plus douce et non si belle.

Vous mesprisez nature : estes-vous si cruelle De ne vouloir aimer? Voyez les passereaux Qui démènent '^ l'amour; voyez les colombeaux '^ Regardez le ramier, voyez la tourterelle ;

Voyez deçà, delà, d'une frétillante aile Voleter par les bois les amoureux oiseaux :

Voyez la jeune vigne embrasser les ormeaux.

Et toute chose rire en la saison nouvelle '.

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