‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 50 sur 361 · AMOURETTE · texte numérisé non relu

AMOURETTE

Or' que ^ Thyver roidit la glace épesse, Rechauffons-nous, ma genlille maistresse.

Non accroupis dans le fouyer 2 cendreux, Mais au plaisir des combats amoureux.

Assisons-nous 3 sur ceste molle couche ; Sus, baisez- moy de vostre belle bouclie, Pressez mon col de vos bras déliez, Et maintenant vostre mère oubliez.

Que de la dent vostre tetin je morde, Que vos cheveux fil à fil je destorde; Il ne faut point en si folastres jeux Comme au dimanche arranger ses cheveux.

Approchez-vous, tendez-moy vostre oreille:

Ha ! vous avez la couleur plus vermeille Que par-avant; avez-vous point'ouy Quelque doux mot qui vous aitresjouy?

Je vous disois que la main j'allois mettre Sur vos genoux ; le voulez-vous permettre?

Vous rougissez, maistresse ; je voy bien A vostre front que je vous fais grand bien.

Quoi ! vous faut-il cognoistre à vostre mine ? Je jure Amour que vous estes si fine, Que, pour mourir*, de bouche ne diriez Qu'on vous le fist, bien que le desiriez :

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