‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 59 sur 361 · Jean Segond. B. i. Annnellea^ solennis (N · texte numérisé non relu

Jean Segond. B. i. Annnellea^ solennis (N

LES AMOl RS. - II. MARIE. 47

Pour saulter, pour lutter, ou de jambe venteuse* Franchir en haletant la carrière poudreuse ; Mais tous les jouvenceaux des pay^ d'alentour Touchez au fond du cœur de la flèche d'Amour, Ayant d'un gentil feu les anies allumées, S'assembleroienf au temple avecques leurs aimées ; Et là celui qui mieux sa lèvre poseroit Sur la lèvre amoureuse, et qui mieux baiseroit... [8| Seroit dit le vainqueur d*îs baisers de Cythcre, Et tout chargé de fleurs s'en-iroit à sa mère.

Aux pieds de mon autel, en ce temple nouveau, Luiroit le feu veillant d'un éternel flambeau. Et seroient ces combats nommez, après ma vie, Les jeux que fit Ronsard pour sa belle Marie.

O ma belle maistresse ! hé ! que je voudrois bien Qu'amour nous eust conjoints d'un semblable lien. Et qu'après nos trespas, dans nos fosses ombreuses*. Nous fussions la chanson des bouches amoureuses ; Que ceux de Vendomois dissent tous d'un accord, Visitant le tombeau sous qui je serois mort:

« Nostre Ronsard, quittant son Loir et sa Gastine, A Bourgueil fut épris d'une belle Angevine ; » Et que ceux-là d'Anjou dissent tous d'une vois ; « Nostre belle Marie aimoit un Vendomois ; Tous les deux n'estoient qu'un, et l'amour mutuelle, Qu'on ne void plus icy, leur fut perpétuelle. Leur siècle estoit vrayment un siècle bienheureux. Où tousjours se voyoit contre-aimé l'amoureux ! »

Puisse arriver, après l'espace d'un long âge. Qu'un esprit vienne à bas 3, sous l'amoureux ombrage Des myrtes, me conter que les âges n'ont peu Effacer la clarté qui luist de nostre feu*.

Mais que de voix en voix, de parole en parole. Notre gentille amour par la jeunesse vole.

Et qu'on apprend par cœur les vers et les chansons

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